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 La onzième heure

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David St-Michel

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Date d'inscription : 20/11/2008

MessageSujet: La onzième heure   Mar 23 Fév - 15:31

La situation de Watertown était précaire. Plus de deux centaines d’Hyènes restaient encore autour de la ville, protégés et fortifiés dans les ruines alentours de la petite communauté. Une fois déjà durant la rencontre des citoyens, un petit groupe de volontaires se sont aventurés pour combattre les raiders sanguinaires. Même la perte d’une vingtaine de leurs membres n’avaient pas réussi à calmer le jeu de ces enragés sanguinaires. Alors plus tard dans la même soirée, un second groupe de volontaires, mené par le coloré Bobby-Joe (représentant la Guilde à Watertown), ont donc décidé d’apporter le combat dans les rues, directement contre les Hyènes. Mais ils n’étaient pas seuls à agir contre le siège. Une figure s’était glissée de la mairie pour suivre le groupe de volontaires. Il n’avait pas entré dans le véhicule de Bobby-Joe, un camion surnommé « Roadkill ». La figure solitaire avait choisi de faire sa bataille de manière discrète.

La soirée n’était pas tranquille du tout. Les échanges de feu entre les volontaires et les Hyènes gardaient la tension haute, et à l’occasion une explosion se fit entendre au loin. Un bâtiment, au sud-ouest du centre-ville, était particulièrement bien gardé par des raiders. Il y en avait une douzaine, et ils se servaient de l’endroit comme d’une base avancée, revenant vers elle lorsque des ennemis s’approchaient. Ils avaient eu vent d’un autre groupe de la ville naissante qui voulait se mesurer à eux. Alors les Hyènes ont décidé d’abandonner le poste pour prendre les volontaires en attaque surprise.

Il n’y avait qu’une seule entrée pour l’immeuble à appartements. Un grand espace au-travers d’un mur défoncé, juste à côté de la porte d’entrée condamné par des débris. La douzaine, bruyante et vociférant des menaces en l’air, se jetèrent vers la sortie, pour s’assurer de pouvoir tuer des gens avant que les autres n’aillent tout le plaisir pour eux seuls. Un parmi eux, plus vif, dévala les marches trois par trois pour se rendre à la sortie avant les autres.

Le premier à sortir passa par-dessus la petite butte de débris. Un son court et vif fut entendu.

Le reste du groupe, ivre sur l’adrénaline et l’alcool, ne s’aperçut même pas que le plus rapide n’était plus là. Lorsqu’ils arrivèrent à la butte, ils virent un fusil d’assaut près d’un tas de cendres encore fumant. On pouvait sentir une odeur de jambon cuit. Une Hyène s’agenouilla devant le fusil, seule femme du groupe, et voulut prendre l’arme au sol.

Les dix autres virent un rayon de lumière bleuté jaillir d’entre deux murs, et atteindre la femme au crâne rasé. Un son qui n’était pas identifiable à aucune arme à feu connue retentit. La Hyène n’a même pas pu réagir. Les autres la virent fondre devant leurs yeux en un instant, devenant un tas de cendres encore fumant. Un son semblable au grésillement d’une viande sur un poêlon retentit alors que le corps se désintégra, et il y avait dans l’air une légère odeur de jambon cuit par après. Les témoins de cette transformation étaient figés sur place. Ils étaient tellement paralysés que deux autres tirs frappèrent, et deux autres corps devinrent cendres. Les huit raiders restants se sont vite réveillés au son et à l’odeur de leurs camarades défunts et se sont mis à tirer follement dans la direction d’où les tirs provenaient. Plusieurs criaient des injures alors que leurs chargeurs se vidaient inutilement contre les murs de béton d’entre lesquels ces tirs mortels venaient. Après cette réaction violente, l’instinct d’auto-préservation prit le dessus sur ces hommes, qui se jetèrent par-dessus la butte encore une fois.

La tension était maintenant palpable. Les raiders se parlaient entre eux rapidement, hurlant leur terreur et leur rage à peine contenue. En quelques secondes, ils ont passé de douze à huit, et ils n’avaient encore aucune idée de ce qui leur tombait dessus. L’un des plus calmes d’entre eux sortit d’une poche de son pantalon une grenade, et la tendit à un plus jeune. Le plan était simple ; le planificateur, ainsi qu’un autre raider, allaient passer sur le côté et longer les ruines jusqu’à l’endroit d’où les tirs provenaient. Ils allaient attendre que celui qui tenait la grenade la lance, et la petite troupe chargeraient de front. Les autres Hyènes acceptèrent avec enthousiasme le plan, le plus jeune hurlant à tue-tête qu’il allait faire une fricassé à l’idiot. Alors que la stratégie était discutée, le planificateur initial aperçut le reflet un petit objet rond les approcher par les airs. Sa réaction fut immédiate. Il saisit le raider le plus proche de lui et se laissa tomber au sol, se servant de la Hyène empoignée comme bouclier. Une explosion aveugla l’homme et l’assourdit, et il hurla de douleur alors qu’il sentit sa chair être déchirée ici et là par le shrapnel de la grenade, et serra le corps sur lui encore plus fort alors que la seconde grenade éclata un instant plus tard. Il serra les dents, du sang dégoulinant de son crâne dans ses yeux. La Hyène entendit des munitions exploser, et tout devint noir.

Lorsqu’il reprit conscience, l’homme regarda autour de lui. Le monde était flou, et il souffrait d’acouphène ; il entendait un bourdonnement constant, aigu et perçant. Ce qui était autrefois un homme qu’il tenait sur son torse comme bouclier était maintenant un cadavre charcuté. Le corps du survivant étaient couvert de lambeaux de peau, de vêtements et de sang. Il ne savait pas quelle quantité était à lui, et quelle quantité était aux autres. Il jeta le déchet humain à côté de lui, et se releva. Tranquillement, sa vision lui revint, et ce fut une vision d’horreur. Les autres raiders étaient maintenant rien de plus qu’une masse informe de chair ruinée, avec quelques membres dispersés ici et là dans les environs. Une immense flaque de sang était brûlée dans l’asphalte et les débris au sol. Le raider peinait à se tenir debout, les yeux écarquillés, incapable de comprendre ce qui est arrivé.

Lorsqu’il leva la tête vers la butte de débris devant ce qui était autrefois une petite forteresse des Hyènes, il vit une figure. La figure portait un foulard autour du visage, un capuchon par-dessus sa tête, et il peinait à bien distinguer des formes de son corps. Le raider regarda autour de lui et saisit une lourde pierre à deux mains, voulant combattre avant de mourir. Il cria à la figure de ranger son flingue, et de finir ca comme des hommes. L’être rangea le pistolet noir dans sa ceinture de cuir, et descendit tranquillement la butte. L’unique survivant Hyène remarqua que l’être devant lui avait un énorme gant sur la main gauche. Mais il n’y pensa plus l’instant d’après; l’adrénaline prit le dessus, et l’homme voulut tuer l’être devant lui.

Il chargea avec la pierre, mais son oreille interne était endommagée dû aux deux explosions de grenades, et il était déséquilibré. Il tomba visage contre le sol après quelques pas, la pierre tombant lourdement au sol devant lui. Le raider peina à se lever, et il se retrouva sur le dos, avec une main à la gorge. La figure était par-dessus l’homme, la main gauche gantée dans les airs. La Hyène commença à gémir, alors que la fatalité de l’instant lui fit perdre tout instinct de combat.

« P…Pitié… »

La figure cessa un moment, et comme réponse la main droite serra plus fort la gorge de l’homme au sol. L’être parla avec un accent très spécial, qui ne venait pas du secteur.

« Pitié? » Il y eut une pause. « Quand as-tu fait preuve de pitié dans ta vie, raider? »

La main gauche descendit sur le torse de la Hyène, et du sang s’échappa de son nez, ainsi que de sa bouche. La figure releva la main gantée, qui tenait un organe du raider. La vie s’échappa rapidement, mais la figure tenait à faire un dernier point envers sa victime. Il lui releva la tête pour lui présenter son organe, fumant dans la nuit froide des terres mortes.
« Regarde ton cœur, raider. Regarde comme il est noir et sale. Tu as vécu dans la souffrance des autres, et tu meurs maintenant dans la souffrance. Tu es la plaie de ce monde, et je tuerais tout les autres comme toi, sale parasite. Maintenant meurs, Hyène. Meurs et sois oublié. »

Et après avoir fait quelques sons incompréhensibles et avoir tenté de se débattre en vain, la dernière Hyène mourut. La figure se releva, et regarde le sale boulot qu’elle avait accompli. Elle quitta par la suite, se dirigeant vers un autre bâtiment d’où des tirs d’armes à feu retentirent. La nuit serait longue, il semble. Le lendemain matin, près de l’entrée sud, les gens qui entreront dans Watertown serait accueillis par une pancarte sur laquelle était écrite « Watertown; tout raider sera abattu. » Et une certaine quantité de petites lignes noires, comme si chaque petite ligne noire était un raider mort.

Près d’une semaine plus tard, à la ville de Yonkers, une sentinelle vit approcher une charrette. Tirée par deux vieux bœufs fatigués, le véhicule était recouvert d’une toile blanche maculée de rouge. Il n’y avait pas de conducteur pour la charrette. Plusieurs minutes plus tard, une dizaine de raiders armés s’approchèrent du véhicule. L’un d’eux tira sur la couverture et vu que la charrette avait plusieurs pelletées de cendres comme seul cargo. Il y avait une odeur de jambon cuit dans l’air. Dans un coin de la charrette, il y avait un cœur séché, couvert d’insectes. Une note était clouée dans le cœur. Sur la note était écrit les mots suivants ;



« Fat Eye,

Je te renvoie de tes raiders, avec un avertissement. Rappelle tes animaux à toi, et tiens-toi tranquille. Sinon d’autres charrettes vont suivre, avec d’autres de tes employés.
Et quand tout sera terminé ici, je vais venir pour toi, gros bâtard déformé. Et je vais te tuer, toi aussi.

Wanderer,
Maire de Watertown. »



Sur la pancarte du décompte des raiders tués à Watertown, il y avait 53 petites lignes noires.
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