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 Revelatio ecclesiae sancti Michaeli in periculo maris

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Le_reve_
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MessageSujet: Revelatio ecclesiae sancti Michaeli in periculo maris   Lun 5 Fév - 16:06

"Cy commence la révélation de l'église de Saint-Michel sur le mont appelé Tombe, dans les régions d'Occident, sous le règne Childebert roi des Francs et l'évêque Autbert.

1. Après que le peuple des Francs, marqué de la grâce du Christ eut solidement établi par toutes les provinces sa domination sur les rebelles, alors que le très pieux prince Childebert gouvernait vigoureusement la monarchie de tout l'Occident et plusieurs régions du Nord et du Midi, le Dieu tout-puissant régnant par les troupes d'esprits ses sujets, non seulement sur toutes les nations, mais sur toutes les parties du monde qu'il a créés, voici que le bienheureux Michel Archange, l'un des sept qui se tiennent continuellement en présence du Seigneur, mais qui est aussi prévôt du paradis chargé, comme il est dit, d'introduire dans le royaume de la paix les âmes de ceux qui sont sauvés, montra par son apparition au mont Gargan, comment et de quelle manière il voulait y être vénéré et glorifié, ainsi qu'on l'a écrit. Tout ce qui fut accompli là par le bienheureux Archange était destiné à tous les peuples illuminés de la grâce du Christ dans les parties orientales de la Romania. Voici par quels signes le même très heureux prince des citoyens d'en haut voulu se manifester comme protecteur des peuples d'Occident. Ainsi celui à qui, jadis, fut attribué le soin de défendre le peuple israélite béni dans ses Patriarches, serait désormais gardien et guide de ceux qui sont appelés fils par adoption. On lit en effet, dans la vision du prophète Daniel que l'ange lui dit: "En tout ceci je n'eus d'autre aide que l'Archange Michel, votre prince." Votre prince, cela veut dire prince du peuple des Juifs. Mais le Seigneur Christ venu parmi les siens et les siens ne l'ayant pas reçu mais trahi, lorsqu'il remontait vers le Père, abolissant l'observation de la Loi ancienne, établit l'admirable sacrement de l'annonce évangélique ; tandis que retentit par toute la terre la voix des apôtres, le transfert des cérémonies s'accomplit par le ministère des Saints anges.

2. En effet, l'Histoire Ecclésiastique nous apprend qu'après la Passion et l'Ascension du Seigneur aux cieux, après une longue attente du repentir des Juifs, alors qu'approchait le temps de la désolation dont le Sauveur avait, dans la Sainte Parole, prédit la venue avec les pleurs de l'humanité, voici que l'Eglise de Jérusalem, divinement avertie s'étaient répandue dans le monde entier pour évangéliser les peuples. Tandis que le peuple rassemblé de partout et de tous lieux, attendait le jour des Fêtes Pascales, les prêtres appliqués aux veilles rituelles entendirent subitement ces paroles "Emigrons de ces lieux." Les voix soudainement émises par les anges en annonçant l'émigration des esprits bienheureux faisaient connaître que le ministère angélique était transféré à l'Eglise des nations. Par là se trouve clairement indiqué que ce bienheureux Michel Archange a obtenu près des peuples élus le même ministère qu'il exerçait auprès du peuple de Dieu. Qu'il en soit ainsi, la dévotion des fidèles le croit, à proportion des signes qui le démontrent. Il voulut, en effet, se faire connaître aux mortels de notre temps afin que le genre humain se sache appelé à vivre en société, avec les esprits élus. Finalement, on remarquera par quelle mystérieuse disposition un lieu fut prévu pour les mortels dans les régions occidentales, où, de tout l'univers, la religieuse multitude des fidèles afflue pour implorer respectueusement le secours angélique.



3. Ce lieu est appelé Tombe (Tumba), par les habitants. En effet, il émerge au-dessus des grèves à la manière d'un tombeau et s'étend sur un espace de deux cents coudées. Entouré de partout par l'océan, le lieu offre l'étroit espace d'une île admirable, situé entre les embouchures où viennent se déverser dans la mer la Sée et la Sélune, laissant de part et d'autre aux habitants un espace qui n'est pas trop restreint. En longueur et en largeur de la base d'ou il s'élève il n'est pas loin d'avoir les dimensions qui furent, on peut le conjecturer, celles du bâtiment qui sauva la croissance du genre humain (l'arche de Noé). A six milles de distance de la ville d'Avranches, vers l'occident, il sépare l'Avranchin de la Bretagne. Là nulle action mondaine ne se fait sentir; cet endroit n'apparaît favorable qu'à ceux-là seuls qui veulent se consacrer à la vénération du Christ, et ceux qu'il accueille ce sont ceux qu'un ardent amour des vertus élève vers le Ciel. On y trouve une telle abondance de poissons que le flot de la mer et des fleuves en fait des amas. A ceux qui regardent de loin il semble n'y avoir là qu'une tour aussi vaste que belle. Mais la mer par son retrait offre deux fois par jour à la dévotion des peuples le chemin désiré pour atteindre le seuil du bienheureux Archange Michel. Comme nous avons pu l'apprendre par des narrateurs dignes de foi, ce lieu fut d'abord entouré d'une très épaisse forêt distante d'environ six milles des flots de l'océan et qui offrait aux bêtes sauvages de profonds refuges.



4. Comme les lieux les plus reculés d'un désert sont habituellement recherchés de ceux qui s'appliquent à scruter les secrets du Ciel par une subtile contemplation, nous avons appris que jadis des moines habitèrent en cet endroit où subsistent jusqu'à maintenant deux églises bâties de la main de ces anciens. Ces moines dévoués au service du Seigneur étaient nourris par une disposition providentielle du Dieu qui gouverne tout, grâce à l'aide que leur portait un prêtre du village qu'on nomme Asteriac (Beauvoir). En effet, lorsque les vivres, sans lesquels la vie humaine ne peut subsister, venaient à leur manquer, une fumée montant vers le ciel leur servait de signal et ce prêtre chargeait un âne de provisions garnies d'une authentique charité : conduit par un guide invisible, en ces lieux sans chemin l'animal allait et revenait portant ce que Dieu ordonnait et qui leur était nécessaire. Cependant, sur l'ordre de Dieu, comme pour préparer ce lieu au miracle et à la vénération de son Saint Archange, la mer, jusque-là très éloignée, se mit peu à peu à monter, aplanissant par sa puissance l'immensité de la forêt et réduisant tout en forme de grève, offrant ainsi un chemin au peuple de la terre pour qu'il chante les merveilles de Dieu.
Maintenant il faut en venir à cette révélation angélique par laquelle le Prince des esprits bienheureux fit la dédicace de ce lieu.



5. Certain jour où l'évêque de ladite ville (Avranches) très pieux et aimé de Dieu nommé Autbert (Autbertus) s'était abandonné au sommeil, voici qu'il fut averti par une révélation angélique d'avoir à construire au sommet de ce lieu un temple en l'honneur de l'Archange : de telle sorte que sa vénérable mémoire étant célébrée sur le mont Gargan, elle fût aussi célébrée en pleine mer avec non moins d'allégresse. Toutefois, comme il méditait le conseil de l'apôtre : "mettez les esprits à l'épreuve pour voir s'ils sont de Dieu ", ce prêtre fut averti par une nouvelle vision d'exécuter ce qu'on lui ordonnait. Comme l'esprit des prophètes n'obéit pas toujours aux prophéties, le prélat différa encore la construction, mais il eut recours à la prière afin de pouvoir connaître sur cette affaire la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ ainsi que du bienheureux Archange. Or, il arriva dans le même temps qu'un taureau, dérobé furtivement par un homme que poussait un instinct pervers, fut placé au sommet de ce rocher, dans l'attente que celui qui avait perdu la bête ayant abandonné tout espoir de la récupérer, le larron puisse alors en tirer un honteux profit. Cependant, le vénérable évêque est secoué plus sévèrement par un troisième avertissement. Puisque averti deux fois il n'avait pas acquiescé, il devait rapidement se rendre au lieu indiqué et n'en pas quitter avant d'avoir accompli ce qui lui était prescrit. En foi de quoi on montre encore maintenant, marquée comme par un doigt humain, la pierre sur laquelle ledit évêque s'assit, jusqu'à ce qu'il eût terminé l'ouvrage commandé.



6. L'évêque s'interrogeant sur le lieu qui pourrait paraître adapté à cette construction, une réponse angélique lui dicta d'édifier le temple là où le taureau avait été clandestinement attaché. Et comme il s'interrogeait sur les dimensions à donner à l'édifice, il lui fut répondu de la même manière qu'il n'avait qu'à prendre pour mesure de la bâtisse l'espace foulé de ses pieds par le taureau. Après quoi il fut ordonné de rendre à son propriétaire l'animal qui lui avait été enlevé. Alors le vénérable évêque tout à fait assuré de la vision se rend au lieu dit en chantant des hymnes de louange en vue d'y accomplir l'ouvrage commandé; ayant rassemblé une grande foule de paysans il nettoie l'endroit et l'aplanit : mais au beau milieu se dressaient deux roches qu'un bon nombre de travailleurs ne purent de leurs mains ni déplacer, ni même changer de position. Or, tandis qu'ils hésitaient et ne savaient que faire, la nuit suivante, dans un village nommé Itius (Huisnes), une vision apparut à un homme appelé Bain, qui, pourvu de douze fils, en tirait parmi les siens une noble fierté. Averti par cette vision à se joindre au travail des ouvriers, il s'en fut aussitôt avec ses fils pour accomplir l'ordre reçu. Arrivé là, avec l'aide de Saint Michel Archange, ce que la force humaine n'avait pu, il fit merveilleusement mouvoir cette masse d'une telle grandeur si facilement qu'elle semblait ne rien peser. Tous ensemble louant Dieu et le Saint Archange Michel, s'appliquent plus attentivement à l'ouvrage commencé. Comme cedit évêque demeurait encore incertain de la grandeur du bâtiment à construire, au milieu de la nuit, comme jadis il advint à Gédéon en signe de victoire, la rosée couvrit le sommet du mont; seul l'endroit où devaient se faire les fondations resta sec et il fut dit à l'évêque : "Va et comme tu le verras signifié, pose les fondements."



7. Aussitôt, rendant grâce à Dieu et implorant le secours de l'Archange Michel, il se leva dans une joyeuse exultation pour se mettre à l'oeuvre. Il édifia un bâtiment qui ne se dressait pas en pointe culminant au sommet, mais s'arrondissait en forme de crypte capable de contenir, estime-t-on, une centaine de personnes. Par là il voulait reproduire la forme du sanctuaire qu'au mont Gargan l'intervention angélique avait aménagé dans la roche abrupte comme une habitation offerte aux hommes terrestres pour y louer et glorifier Dieu. Ainsi serait clairement enseigné que c'est dans les hauteurs célestes qu'on doit requérir le secours du don divin et que c'est par le regard de la contemplation que l'on pénètre dans les plus hautes régions de l'éther, non pas en laissant le cœur des hommes croupir dans les marais fangeux de la terre. Ayant, Dieu aidant, achevé cet édifice en peu de temps, l'homme de Dieu, l'évêque Autbert, demeurait anxieux, car il voyait qu'il lui manquait des gages de l'Archange. Alors le bienheureux Michel avertit ce prêtre de dépêcher sans retard quelques frères vers le lieu ou, au Gargano, le souvenir du très Saint Archange est entretenu avec vénération et de recevoir avec la plus vive gratitude la bénédiction qu'avec le patronage de l'Archange ils en rapporteraient.



8. Cependant les envoyés arrivent audit lieu. Très cordialement accueillis par l'abbé, après avoir changé de vêtements et s'être reposés des fatigues d'un tel voyage ils exposent tout ce qui était arrivé dans leur pays et dans quel but, aussi, ils étaient venus. L'abbé ayant rapporté toutes ces paroles à son évêque, ils rendirent tous deux d'abondantes louanges à Dieu qui daigne offrir aux habitants de la terre tombés par la faiblesse de la nature le suffrage des serviteurs qui l'assistent. Alors, avec tout le respect convenable, on retire de leur lieu les gages que l'Archange y avait laissés aux fidèles en souvenir de lui, à savoir un morceau du petit pallium rouge posé par ledit Archange au mont Gargan sur l'autel qu'il avait lui-même construit de sa main et un fragment du marbre sur lequel il se tint et dont jusqu'à présent, au même endroit, subsistent les vestiges. Auxdits frères, on remet ces gages de son patronage pour qu'ils les rapportent au lieu Saint, sous condition que ceux qu'associait une même révélation angélique seraient éternellement liés par le nœud de la charité.

9. Ayant pris le chemin du retour, après un long voyage, les illustres messagers s'en reviennent au lieu d'où ils étaient partis le jour même que, sur ledit mont dans les régions d'Occident, s'acheva la construction. Voici qu'ils s'avancent dans un pays tout autre que celui qu'ils avaient laissé encore couvert d'une végétation très dense. Tandis qu'ils approchent le prêtre du Seigneur, Autbert, se hâte d'aller au-devant d'eux et avec moult louanges et cantiques spirituels, il porte au mont sacré les gages de protection angélique qui vont y être si bénéfiques. A cette venue angélique, pour ainsi parler, on ne saurait dire à quel point les provinces environnantes exultèrent de joie. Elles prévoyaient, en effet, quel don d'en haut leur était divinement accordé, du fait qu'elles méritaient d'avoir pour porte-étendard le bienheureux Archange Michel, prince de la milice céleste. On connaissait aussi quels signes merveilleux le Seigneur opère par son ministère pour les mortels, à tel point que dans l'espace de ce voyage douze aveugles furent éclairés, plusieurs atteints d'infirmités diverses retrouvèrent leur santé d'autrefois, une femme du bourg d'Asteriac privée de la vue, alors qu'elle suivait les dons précieux du très haut Archange Michel, à peine arrivée sur la grève, au niveau de la mer, elle retrouva la vue par l'intervention divine, admirant comment elle était passée subitement des ténèbres à la lumière. Or, jusqu'à ce jour, par son très haut ministre Dieu ne cesse d'opérer quotidiennement les mêmes miracles, en ce même lieu, à la louange et à la gloire de son nom.



10. En ce jour donc qui est le dix-septième des kalendes de novembre (16 octobre), ayant accompli la vénérable dédicace de ce temple, après avoir, avec sagacité, tout mis en ordre, l'homme de Dieu, Autbert, organisa aussi les fonctions des clercs desservants, fixant à douze le nombre de ceux qui devraient persister perpétuellement au service du bienheureux Archange Michel par de légitimes observances, encore que les clercs établis en ce lieu par les successeurs de ce bienheureux homme n'y aient pas été en même nombre.
Enfin, voyant toutes choses arrangées en ordre convenable, le même pasteur estima qu'il fallait requérir du Saint Archange cela seul qui pouvait paraître difficile, à savoir l'élément sans lequel ne peut subsister la vie des mortels, l'eau. Là-dessus, avec le troupeau à lui confié il demande donc l'aide de Notre Seigneur Jésus-Christ conjointement avec celui du Saint Archange, que celui qui jadis fit jaillir du rocher un breuvage pour le peuple assoiffé, daignât écarter de ses serviteurs la pénurie d'eau. Finalement, par une angélique indication, il découvrit le lieu où, dans une anfractuosité du rocher, en forant la cavité on trouva bientôt d'une manière merveilleuse une eau abondante qui suffit aux usages des habitants. De maintes façons cette eau jaillissante montra combien elle est salubre à boire. En effet, elle procure un .prompt secours aux fiévreux chaque fois que le désir leur vient d'en prendre.
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